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Mana iti est un monocoque de 54 pieds gréé en ketch. Fabriqué à Taïwan en 1981 par le chantier Ta Chao d’après les plans de Robert Perry il aura sillonné les eaux polynésiennes une trentaine d’années avant d’être stocké sur un chantier. Acheté début 2018, nous avons travaillé à lui redonner vie.

 

L’achat d’un bateau n’est pas toujours quelque chose de censé, souvent c’est lui qui vous attire dans ses filets. Peu de marins pariaient sur Mana iti. Il fallait rêver beaucoup pour l’acheter ! C’est ce que nous avons fait pendant des mois avant de nous lancer dans l’aventure. Il nous a tapé dans l’œil dès la première fois et nous avons pris le parti de le ramener à la vie  plutôt que de choisir un voilier prêt à naviguer. Il aura fallu beaucoup de travail et d’amour pour lui donner un nouveau souffle. Le plaisir de le voir traverser de nouveaux océans était notre principale source de motivation.

 

Son nom est polynésien. Mana est relatif au divin, cela signifie "esprit", "force", "énergie"... iti se traduit par « petit ». Il a été baptisé ainsi par son tout premier propriétaire et ce nom lui va comme un gant.

 

Mana iti mesure 16,40 mètres sur le pont, 4,60 de large et pèse environ 27 tonnes. Sa quille longue permet un tirant d’eau assez réduit pour sa taille puisqu’il cale tout juste 2 mètres. C’est un ketch, un deux mâts donc, le grand mât, devant, et le petit, l’artimon, à l’arrière avec étai de génois et bas-étai de trinquette à l’avant. Le gréement dormant aura été intégralement changé en novembre 2019.

 

Sa surface vélique totale est de 116 m2. Nous naviguons avec une grand voile, un artimon, un génois sur enrouleur et une trinquette à endrailler. Lorsque nécessaire nous démarrons le moteur in bord, un Volvo penta TAMD41. C'est un gros pépère de  200 chevaux 6 cylindres.

Le bateau

La navigation

Il n’est pas nécessaire de savoir naviguer pour nous rejoindre d’autant que chaque bateau est différent. Nous ne sommes pas une école de voile habitable mais nous partagerons avec vous nos connaissances et notre expérience de la mer. La navigation ne se limite pas à de la technique. C’est avant tout, à notre sens, de l’observation. Certes il faut savoir virer de bord ou prendre des ris mais le plus important reste de savoir quand le faire. Ainsi, pendant les quarts, il faut être attentif au vent, aux vagues, aux autres navires, apprendre à lire les éléments et, si quelque chose vous interpelle, nous consulter pour les manœuvres éventuelles. L’idéal est d’être à deux pendant les quarts. Plus nous sommes nombreux plus ils sont courts. Le bateau est équipé d’un pilote automatique mais il n’est utilisé qu’en cas de nécessité et barrer reste le meilleur moyen de "sentir" le bateau et d’apprendre à naviguer.

 

Le voilier est équipé d’un compas magnétique bien sûr mais également d’un GPS, d’un radar, d’un AIS pour la surveillance, d’un anémomètre et d’un sondeur. Les cartes se lisent sur un écran dédié ou sur ordinateur portable et tablette.

 

Pour ce qui est du voyage à proprement parler il n’y a pas de routes fermes et définitives et encore moins de calendrier. Il y a bien une idée générale mais les rencontres, la météo, les saisons etc. ont le dernier mot. Si nous nous sentons bien dans un lieu, si un voisin nous fait rêver en nous parlant d’îles qu’il aurait visitées, si une tempête se profile sur notre route d’origine, si, si, si... et bien si « si » se présente, nous sommes libres de changer de destination, de rester plus longtemps ou d’abréger  un séjour.

 

Nous choisissons en général des mouillages agréables voire paradisiaques mais il peut arriver que nous soyons obligés de jeter l’ancre dans des lieux plus quelconques pour des raisons pratiques, techniques ou tout simplement parce qu’il n’y a rien de mieux. Il faut s’en accommoder comme il faut s'accomoder d’une mauvaise météo. La vie en bateau offre tellement que les désagrément sont vite oubliés.